Notre humanité, trouvée au Canada :  de Frank Aleph Agrama


, octobre 23, 2016

De la Section des jeunes

Faire l’expérience de l’autre, et faire l’expérience de moi-même au milieu des autres.

Les membres de la Section des jeunes ont partagé un flot vivant de repas, de paroles, de mélodies et de rencontres à Ottawa, au Canada au mois d’août de cette année. La Société anthroposophique au Canada nous a accueillis au sein de son congrès « À la rencontre de notre humanité. »

L’humanité était au rendez-vous, en effet, et nous n’avons donc pas eu d’autre choix que de nous rencontrer les uns les autres. Les organisateurs avaient conçu un programme solide et rempli, débutant le dimanche et durant toute une semaine pour clore le dimanche suivant. Comme l’indique le titre du congrès, chaque jour nous a fait vivre un aspect différent de la condition humaine.

Pour commencer, Arie van Ameringen, Secrétaire général de la Société anthroposophique au Canada et celui qui avait réuni le comité organisateur, a donné une conférence d’ouverture sur l’évolution du rapport spirituel de l’individu avec l’univers. Il a dévoilé une progression du « Je » (chacun de nous) et du « Cela » (l’univers) qui suivait une courbe en forme de U. CELA (Das Es) – À CÔTÉ DE CELA (An Es) – AU SEIN DU CELA (In Es) – JE (Ich) – DE MOI (Von Ich) – ISSU DU JE (Aus Mir) – JE DANS CELA (Ich ins Es). Ce geste d’envergure a donné le coup d’envoi pour une semaine dynamique de contributions offertes par des conférenciers « anthropo-sophistiqués » dont cinq des six membres du Comité directeur de la Société anthroposophique universelle venus du Goethéanum ainsi que plusieurs représentants exceptionnels du travail anthroposophique au Canada. Les thèmes : La biographie et le karma ; la pédagogie ; la médecine ; les sciences et l’agriculture ; les arts ; la communauté et l’art social. Le thème de chaque jour semblait couler naturellement vers le thème du lendemain, dans un mouvement ascensionnel qui nous faisait entrer toujours plus profondément dans l’esprit du congrès – alors qu’une suite de représentations artistiques le soir adoucissait et berçait nos rêves. (Voir la description des conférences et représentations artistiques à la fin de cet article)screenshot-2016-09-08-15-50-32

Et chaque jour nous avons également entendu parler des participants du congrès qui présentaient les résultats de leur recherche personnelle – allant d’indications de comment on peut se relier aux proches ayant traversé le seuil à des initiatives centrées sur la communauté ou à des explorations. Entre ces présentations du matin et de l’après-midi, nous avons participé à des groupes de conversation (en petits groupes) et des ateliers artistiques. La Section des jeunes constituait son propre groupe de discussion au cours duquel nous parlions de notre propre travail à l’intérieur de la Section et des efforts déployés par d’autres jeunes partout au monde qui aspirent à se relier à un travail spirituel. Constanza Kaliks, qui participait comme représentante de la Section des jeunes au Goethéanum, nous a éclairés sur les raisons pour lesquelles la Section des jeunes existe et sur son fonctionnement. Paul Zebhauser, un jeune qui travaille avec Constanza au Goethéanum, a parlé de son travail de gérant de l’auberge de jeunesse et des groupes d’étude pour les jeunes dans les environs du Goethéanum. Johannes Kronenberg, organisateur du travail de la Section des jeunes aux Pays-Bas, a annoncé un prochain congrès de la Section internationale des jeunes, qui sera la troisième rencontre internationale et qui aura lieu l’été prochain à La Haye.

Les ateliers artistiques ont eu lieu en début d’après-midi et couvraient toute une gamme d’activités artistiques, un véritable flot de créativité : poésie, sculpture, peinture, théâtre, musique, dessin, eurythmie, le conte, un atelier de clown, le développement d’une conscience reliée à la qualité de l’eau. J’ai participé moi-même à l’atelier de théâtre offert par Julie Le Gal, qui travaille à partir de la technique de Michael Checkhov. J’ai trouvé les exercices à la fois libérateurs, difficiles et déroutants. Le matin débutait de deux manières différentes pour les participants. Les membres de l’École de Science de l’esprit assistaient à une leçon de Classe donnée chaque matin par un lecteur de Classe différent. Parallèlement, Constanza et un ancien de la Section des jeunes, Nathaniel Williams, animaient une introduction à la pratique de la méditation selon l’anthroposophie.

Nous avons préparé des repas à tour de rôle, ce qui a donné quelques combinaisons intéressantes ! Par exemple, nous avons rebaptisé le premier jour du congrès : Biographie, Karma, et…. Pâtes. Les membres de la Section des jeunes qui faisaient partie de l’ensemble d’eurythmie de Spring Valley nous ont offert le petit déjeuner ce jour-là en nous posant une question : « D’où vient ton nom ? »

À mesure que chaque jour suivait son cours, nous plongions plus profondément dans des eaux inconnues, parfois froides, parfois chaudes. Le soleil plombait impitoyablement sur nous le jour, et les nuits restaient suffisamment douces pour nous permettre de nous tenir à l’extérieur sous les étoiles pour entretenir de longues conversations. Le déluge de sagesse cosmique venue à la rencontre d’initiatives terrestres a fait que la pression augmentait, apportant à la fois des questionnements et de la conviction. Heureusement, d’épais nuages ont fait leur apparition pour nous soulager, et bien qu’ils nous aient empêchés d’observer la pluie des météorites, ils nous ont béni avec de douces averses. Mais comme beaucoup de choses avaient besoin d’être nettoyées et purifiées, la pluie a redoublé de force. Elle a rapproché les jeunes et les plus vieux : nous avons partagé quelques conversations au cours desquelles les questions ont été posées directement et où nous avons reçu quelques éclaircissements sur l’École de science de l’esprit. Et en effet, la dernière journée (dimanche) a été consacrée à une table ronde ouverte sur l’École de science de l’esprit. Des membres du Collegium de l’École en Amérique du Nord et d’autres du Comité exécutif au Goethéanum ont répondu à des questions difficiles sur ce le fonctionnement actuel du Goethéanum. Jonah Evans, prêtre de la Communauté des Chrétiens, a parlé également. Il a raconté son propre chemin spirituel et a parlé de la distinction entre la prière et la méditation.

Cela a été comme une révélation que de constater la souplesse et la bonne volonté de tous les membres de cette conversation. Nous nous sommes retrouvés à nager tous ensemble, avançant les uns avec les autres, pour ainsi dire, et on avait l’impression qu’on vivait une guérison, comme une nouvelle semence. Que nos gestes continuent, comme de l’eau, à arroser ces nouvelles semences, ces semences éternelles de bonté, d’amour, de confiance les uns envers les autres, de pardon et d’inspiration. Et que ces semences poussent dans 7 directions différentes, comme nous a appris l’architecte amérindien Douglas Cardinal (conférencier) pendant qu’il nous a guidés dans un rite sur l’île sacrée située dans la Rivière des Outaouais. Cette île est considérée par les peuples autochtones comme étant le cœur de l’Amérique du Nord où les différents peuples des Premières Nations se réunissaient. Là, plusieurs rivières se rencontrent, créant une énergie toute particulière : le Nord, l’Est, le Sud, l’Ouest, le ciel, et nos cœurs. Nous avons terminé le congrès en formant un cercle qui faisait toute la périphérie de l’auditorium, les paroles de la méditation de la Pierre de Fondation résonnant dans l’espace. Le tout a été scellé par l’aînée de la Première Nation Squamish, Wendy Charbonneau, qui a laissé sa marchette de côté, a saisi son tambour, et a arpenté la scène en entonnant une bénédiction pour que notre cercle continue à rayonner et à influer sur le monde extérieur.